historique

C’est en Suède qu’une organisation nommée “Friluftsfrämjandet” proposait déjà en 1892 des activités en plein air pour toutes les tranches d’âge, tout au long de l’année. Quelques années plus tard, en 1914, les sœurs Rachel et Margaret McMillan, militantes socialistes, ont mis en place “une crèche en plein air” à Peckham, Angleterre. Une amélioration évidente sur la santé de l’enfant avait été aussitôt observée. Puis cette expérience s’est renouvelée en 1927 au Wisconsin, États-Unis, où l’idée d’une école en forêt est venue de Wakelin McNeel. Les premières crèches en forêt aux États-Unis ont vu le jour à Crandon, Laona et Wabeno, villes du Wisconsin.

Dans les années 1950, Ella Flautau a créé des jardins d’enfants en forêt au Danemark. L’idée s’est progressivement formée car elle passait souvent son temps dans une forêt avec ses enfants et ceux de ses voisins. Ce genre de garderie a suscité un grand intérêt parmi les parents du quartier. Les parents ont formé un groupe et ont créé une initiative visant à établir la première crèche en forêt – une idée qui s’est d’abord répandue dans toute la Scandinavie, puis en Allemagne et en Suisse. Ce ne sont pas des réflexions d’ordre pédagogiques qui ont été à l’origine de la mise en route de tel projet, mais les besoins urgents de crèches qui ont motivé la fondation des “skovbørnehaver” (jardins d’enfants en forêt) ou “Friluftbørnehvaver” (jardins d’enfants en plein air en danois).

En 1957, un Suédois, Goesta Frohm, a créé le “Skogsmulle”, afin de promouvoir l’apprentissage de la nature. Avec un accent croissant sur des résultats mesurables, les crèches en forêt ont trouvé leur place en tant que méthode éducative de plein droit. Les jardins d’enfants en forêt existent également en Allemagne depuis 1968, mais ont seulement été officiellement reconnus comme une forme de garderie en 1993, ce qui a permis de recevoir des subventions. Depuis, les jardins d’enfants en forêt sont devenus de plus en plus populaires. Ces écoles en forêt, basées sur le modèle Frohm, appelé “Ur I och Skur” (suédois pour “dehors par tous les temps”), proposent l’idée d’activités occasionnelles à des écoles maternelles traditionnelles, mises en place par Siw Linde en 1985. La philosophie de l’éducation dans la nature a été introduite au Royaume-Uni au cours des années 1990. La croissance des écoles forestières a été sans précédent à travers le Royaume-Uni avec de nombreux praticiens offrant des prestations de qualité, fidèles à la philosophie d’origine. En 2005, on comptait environ 450 jardins d’enfants en forêt en Allemagne, 23 jardins d’enfants en forêt en Autriche et une dizaine de “Waldkindergarten” et de crèches en Suisse. Actuellement, nous les trouvons aussi en:  Allemagne, Autriche, Australie, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Royaume-Uni, République tchèque, Suède, Suisse (alémanique).

En Suisse romande, c’est Viktorie Škvarková qui est à l’origine du projet. Pendant son adolescence, elle était monitrice de colonies de vacances et  a rapidement remarqué l’effet positif des activités en nature sur les enfants, tant au niveau du corps que de l’esprit. Dans notre pays elle a été surprise de voir que l’enfant passe la plupart de son temps à l’intérieur, dans un espace fermé. Elle s’est un jour entretenue avec une de ses ex-collègues de République tchèque qui travaillait dans une crèche en forêt et c’est ainsi qu’est née l’idée de créer une telle structure à Genève.

Afin de lancer le projet, Viktorie Škvarková a constitué l’association « La Bicyclette » et s’est entourée de bénévoles motivés à travailler ensemble pour parcourir les différentes étapes menant à l’ouverture d’une éco-crèche en forêt.

Malheureusement, l’éco-crèche en forêt La Bicyclette, s’est rapidement trouvée dans une impasse financière fin 2016 et afin d’assurer la pérennité de la crèche qui ne pouvait subsister en l’état, le Comité a collaboré avec la Ville de Genève afin de trouver une solution. Après une période intense de restructuration interne, de communication et de recherches de fonds, l’éco-crèche La Bicyclette devient Eveil en Forêt en août 2017 pour mieux refléter ses activités. Elle a été co-dirigée par Sandrine De Giorgi et Catherine Giacobino, de 2017 à 2018 et est maintenant dirigé par Charles de Planta, également éducateur sur le terrain auprès des enfants. La gestion de l’éco-crèche en forêt située dans la vallée de l’Allondon est effectuée par le Comité bénévole de l’Association Eveil en Forêt, en collaboration avec le Service De la Petite Enfance de la Ville de Genève.